espace 5

1999 – série de 10 travaux – 22,3 x 30,5 cm – impression pigmentaire

Lycéen, j’étais interne. Tous les dimanches soirs pour aller de la gare à l’internat, je passais devant plusieurs résidences vers 21 h et je voyais certaines baies éclairées d’une lumière jaunâtre ou bleuâtre. Je jalousais ces privilégiés.
Plus tard il m’est souvent arrivé de voyager en Belgique ou en Hollande. Une chose m’a tout de suite frappé : ce sont ces grandes baies vitrées des maisons, ouvertes à tout regard extérieur, où les occupants plaçaient une multitude d’objets personnels pour décorer mais surtout – c’est comme cela que je l’ai ressenti – pour exposer à tous leur intimité à travers des attributs ou des emblèmes. Dans cette volonté de s’exposer, quelque chose me troublait : ces objets intimes, de par leur position, obstruaient en partie la baie et, paradoxalement, nous cachaient l’intérieur de la maison : la véritable intimité. Etait-ce une subtile ruse : on fait mine de s’exposer pour encore mieux se cacher. Pour ne rien simplifier, la forte luminosité du ciel créait sur les vitres de ces baies des reflets : obstacles supplémentaires !
Les clichés de cette série n’ont pas été pris là où se situait mon internat ni en Belgique ni en Hollande. Peu importe. Le questionnement y est né et a perduré.

dossier téléchargeable en pdf 

 

baie 1.01

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