Aller au contenu

Trois pratiques simultanées

prise de notes : je reçois du réel
Ces images sont prises comme elle viennent, dans l’instant, sans a priori et sans arrière-pensée. Elles relèvent d’une certaine disponibilité du regard, d’un rapport épiphanique au monde. Ce sont les traces de ce que j’ai entraperçu, des balises visuelles dans mon espace quotidien, des réservoirs à idée.
Elles sont peu retravaillées : simple travail de contraste et de colorimétrie.

prise de vues : je projette sur et à travers le réel
Ces images sont construites tant plastiquement que conceptuellement.
Elles font appel à une rhétorique visuelle affirmée et assumée comme telle. Elles sont beaucoup travaillées dans leur composition, leur équilibre chromatique, elles sont parfois superposées, parfois composites, et quelquefois présentées en polyptyques.
Elles interrogent les relations complexes entre projection et perception, réel et imaginaire, entre instant de la prise de vue et temps de la lecture, entre profondeur suggérée et profondeur de plan.

prise d’images : je vais vers l’autre
Ces images sont faites à partir d’images trouvées dans la presse, dans des livres, sur le web, images faites par d’autres.
Il s’agit d’assumer à travers elles mon rapport aux autres images à savoir qu’il n’y a pas d’œuvre ex-nihilo : réflexion sur la mémoire, la communication, la copie, le manque.
Elle sont obtenues par prélèvement, collage, superposition, déplacement et condensation, tout cela avec l’outil numérique.

 

texte affiché lors de l’exposition : PHOTO&GRAPHIE
Médiathèque de Margny les Compiègne – juin 2008